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À sec, à flot — comprendre les deux extrêmes de l’eau Ouvrir la carte

À FLOT — RÉAGIR · PUBLIÉ LE · LECTURE 6 MIN

Inondation : que faire dans les 24 heures qui suivent ?

L’ESSENTIEL
  • Après une inondation, la sécurité passe en premier : se renseigner auprès de la mairie avant de regagner le logement, laisser l’électricité et le chauffage coupés jusqu’au contrôle d’un professionnel, et ne boire l’eau du robinet qu’après l’accord de la mairie.
  • Les dégâts se photographient et se filment avant tout nettoyage. Les objets endommagés restent à la disposition de l’expert de l’assureur ; ce qui doit partir pour raison d’hygiène est photographié et inscrit sur la liste des pertes.
  • Un sinistre se déclare à l’assureur dans le délai du contrat, jamais inférieur à cinq jours ouvrés (article L113-2 du code des assurances). Pour la garantie catastrophe naturelle, la limite est de trente jours après la publication de l’arrêté au Journal officiel (article L125-2). Délais vérifiés le 10 septembre 2026.
  • La demande de reconnaissance de catastrophe naturelle est déposée par la mairie auprès du préfet, dans les vingt-quatre mois qui suivent le début de l’événement : chaque foyer touché a intérêt à y signaler ses dégâts.
  • Aérer, chauffer doucement et évacuer la boue limitent l’aggravation des dommages, que l’assuré doit s’efforcer d’éviter.
Entrée carrelée d’une maison, porte ouverte sur l’extérieur : une paire de bottes vertes, un seau gris et une raclette posés contre le mur, une flaque d’eau sur le sol
Bottes, seau et raclette viennent après l’appareil photo : une fois le sol nettoyé, les traces de boue que l’expert aurait relevées ont disparu.

Les premières heures après une inondation décident de la sécurité de ceux qui rentrent et de la solidité du dossier d’indemnisation. L’ordre des gestes compte davantage que leur vitesse.

Deux délais légaux encadrent la déclaration. L’article L125-2 du code des assurances, dans sa version en vigueur depuis le 28 mai 2026, oblige l’assuré à prévenir son assureur « dès qu’il en a eu connaissance, et au plus tard trente jours après la publication de l’arrêté de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ». L’article L113-2 fixe le délai de droit commun, celui du contrat, à cinq jours ouvrés au minimum.

0-2 h 2-12 h 12-24 h Sécurité Preuves et assureur Mairie et séchage
0-2 h — Sécurité · 2-12 h — Preuves et assureur · 12-24 h — Mairie et séchage. Un repère d’ordre : aucun texte ne fixe ces tranches horaires.

Que vérifier avant de rentrer chez soi ?

L’agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes, dans sa fiche du 30 juin 2025, recommande de se renseigner « auprès des experts et autorités compétentes (notamment la mairie) » et d’inspecter murs, planchers et escaliers avant de regagner le logement.

Le point que tout le monde rate. Un nettoyeur ou une pompe à moteur thermique dégage du monoxyde de carbone, un gaz incolore et inodore. L’ARS demande que ces appareils fonctionnent « à l’extérieur des lieux d’habitation », caves, sous-sols et garages compris.

Comment garder la preuve des dégâts ?

Tant que rien n’a bougé, le logement est lui-même la preuve. Photographiez et filmez chaque pièce, puis chaque objet abîmé, avant d’éponger quoi que ce soit. France Assureurs conseille de conserver « des justificatifs (photographies, vidéos, témoignages de voisins…) ».

  1. La hauteur atteinte par l’eau sur les murs, avec un mètre ruban dans le cadre.
  2. Les appareils, meubles et revêtements touchés, un par un.
  3. Les factures, bons de garantie et photos d’avant l’inondation.

Rien ne part à la benne avant le passage de l’expert. Le ministère de l’Économie l’écrit en toutes lettres : « Vous devez conserver les objets endommagés pour que l’expert mandaté par votre assureur puisse les examiner. »

L’hygiène impose parfois de sortir plus tôt un matelas, une moquette ou les aliments restés dans l’eau ou dans un réfrigérateur hors service, que l’ARS demande de jeter. Photographiez-les d’abord, inscrivez-les sur la liste des pertes et gardez un échantillon. La liste à cocher du parcours Après l’inondation reprend ces gestes dans l’ordre.

Dans quel délai prévenir son assureur ?

Deux délais coexistent, et ils ne partent pas du même jour. Tous deux ont été vérifiés sur Légifrance le 10 septembre 2026.

  1. Le délai du contrat, cinq jours ouvrés au minimum. L’article L113-2 du code des assurances, en vigueur depuis le 1er avril 2018, oblige l’assuré à prévenir l’assureur « dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat », et précise : « Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. » Ce délai de droit commun s’applique quand aucun arrêté de catastrophe naturelle ne paraît, par exemple pour la garantie dégât des eaux.
  2. Trente jours après l’arrêté de catastrophe naturelle. Pour la garantie catastrophe naturelle, l’article L125-2 fixe la limite à trente jours après la publication de l’arrêté au Journal officiel. Un arrêté peut paraître des semaines ou des mois après l’inondation, et ce délai démarre à sa publication.

En pratique, déclarez dans les jours qui suivent, sans attendre l’arrêté, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, comme le recommande economie.gouv.fr. Joignez une description du sinistre et la liste chiffrée des objets perdus ou endommagés, que service-public.fr cite parmi les éléments à fournir.

Ce que la garantie couvre ensuite, franchise et délais de paiement compris, est détaillé dans Assurance inondation : ce qui est couvert, ce qui ne l’est pas.

Pourquoi signaler les dégâts à la mairie ?

La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle part de la commune : la mairie dépose la demande auprès du préfet, et un arrêté interministériel paraît au Journal officiel si elle aboutit. Le ministère de l’Économie invite chaque sinistré à la solliciter : « demandez à votre mairie de solliciter un classement en zone de catastrophe naturelle auprès du préfet du département ».

La commune dispose de temps, dans une limite stricte. L’article L125-1 du code des assurances exclut toute décision favorable pour une demande communale présentée « vingt-quatre mois après le début de l’événement naturel qui y donne naissance » (vérifié le 10 septembre 2026). Signaler ses dégâts dès le premier jour aide la mairie à recenser les foyers touchés. Le circuit complet est décrit dans CatNat : mode d’emploi.

Quelles premières mesures pour limiter les dégâts ?

L’assuré doit aussi empêcher que les dommages s’aggravent. France Assureurs le rappelle : « Toutes les mesures nécessaires pour éviter l’aggravation des dommages subis par votre habitation doivent être prises. »

  1. Aérer et chauffer doucement. « Aérez souvent et faites chauffer très doucement pendant plusieurs jours vos pièces pour faire sécher votre maison », conseille l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, qui déconseille un chauffage d’appoint en continu.
  2. Évacuer la boue avec gants, masque et bottes, puis laver murs et sols à l’eau et au détergent.
  3. Désinfecter à l’eau de Javel diluée, un verre pour un seau de 10 litres selon l’ARS, sans jamais la mélanger à un autre produit.
  4. Signaler les matériaux gorgés d’eau. Laine de verre, placoplâtre ou parquet flottant restés imbibés justifient, selon la même source, d’appeler rapidement l’assureur et des professionnels.
  5. Couper ce qui doit l’être. Une fosse septique ne se remet en service qu’une fois hors d’eau, et un réfrigérateur resté sous l’eau ou privé de courant se vide.

Existe-t-il des aides d’urgence ?

Pour un particulier assuré, l’indemnisation passe d’abord par son contrat et, s’il paraît, par l’arrêté de catastrophe naturelle. Pour les biens non assurés situés outre-mer, service-public.fr signale le fonds de secours pour l’outre-mer, à demander en mairie (vérifié le 10 septembre 2026).

En métropole, l’État ouvre parfois un dispositif exceptionnel après un événement de grande ampleur. Ce fut le cas après les inondations de fin 2023 et de début 2024 dans le Nord et le Pas-de-Calais : economie.gouv.fr a détaillé le 4 avril 2024 un soutien aux particuliers et aux entreprises sinistrés. Ces dispositifs dépendent de chaque événement ; la mairie et la préfecture savent lesquels sont ouverts (vérifié le 10 septembre 2026).

Les aides recensées pour votre commune sont réunies dans Mes aides. Pour protéger le logement avant l’événement suivant, SEDIPEC, qui édite ce service, distribue plusieurs types de protections anti-inondation, permanentes, périmétriques ou amovibles ; son modèle est présenté sur la page À propos.

Questions fréquentes

Faut-il attendre l’arrêté de catastrophe naturelle pour prévenir son assureur ?

Non. L’article L125-2 du code des assurances impose de déclarer le sinistre dès qu’il est connu, avec une limite de trente jours après la publication de l’arrêté. Prévenir l’assureur dans les jours qui suivent l’inondation respecte aussi le délai du contrat, d’au moins cinq jours ouvrés, qui s’applique si aucun arrêté ne paraît.

Peut-on jeter les meubles et la moquette abîmés avant le passage de l’expert ?

Mieux vaut les garder : economie.gouv.fr rappelle que les objets endommagés doivent rester à la disposition de l’expert mandaté par l’assureur. Si l’hygiène impose de sortir un matelas ou des aliments, photographiez-les d’abord, inscrivez-les sur la liste chiffrée des pertes et conservez un échantillon, par exemple un morceau de moquette.

Peut-on remettre l’électricité soi-même une fois l’eau partie ?

L’agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes demande de faire appel à des professionnels avant de rebrancher l’installation électrique et le chauffage. Une installation restée sous l’eau peut sembler sèche et rester dangereuse. Aucun appareil mouillé ne doit être branché, et tout nettoyeur à moteur thermique doit tourner hors du logement.

Que risque-t-on en déclarant le sinistre en retard ?

L’article L113-2 du code des assurances encadre la sanction : la déchéance pour déclaration tardive ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que le retard lui a causé un préjudice, et jamais en cas de force majeure. Déclarer tôt, par lettre recommandée avec accusé de réception, reste la voie la plus sûre.

Qui demande la reconnaissance de catastrophe naturelle ?

La commune. La mairie dépose la demande auprès du préfet, et l’article L125-1 du code des assurances exclut toute décision favorable pour une demande présentée vingt-quatre mois après le début de l’événement. Signaler ses dégâts en mairie dès les premiers jours aide la commune à recenser les foyers touchés.

SOURCES — VÉRIFIÉES LE 10 SEPTEMBRE 2026

Code des assurances — article L125-2 (version en vigueur depuis le 28 mai 2026 : déclaration au plus tard trente jours après l’arrêté) · Code des assurances — article L113-2 (version en vigueur depuis le 1er avril 2018 : délai contractuel d’au moins cinq jours ouvrés, déchéance encadrée) · Code des assurances — article L125-1 (version en vigueur depuis le 1er janvier 2024 : demande communale dans les vingt-quatre mois) · Service-public.fr — catastrophe naturelle ou technologique : indemnisation par l’assurance (vérifiée le 10 avril 2026 par l’administration) · economie.gouv.fr — catastrophe naturelle : comment fonctionnent les indemnisations · economie.gouv.fr — dispositif de soutien exceptionnel, Nord et Pas-de-Calais (4 avril 2024) · ARS Auvergne-Rhône-Alpes — se protéger en cas d’inondation dans son logement (30 juin 2025) · France Assureurs — inondations, questions-réponses · sur ce site : Après l’inondation, Mon logement, Mes aides et la carte de la mémoire.

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