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À sec, à flot — comprendre les deux extrêmes de l’eau Ouvrir la carte

LES DONNÉES · PUBLIÉ LE · LECTURE 7 MIN

Ce que 44 ans d’arrêtés CatNat racontent de votre commune

L’ESSENTIEL
  • Depuis 1982, 34 476 communes ont été reconnues au moins une fois en catastrophe naturelle pour un événement lié à l’eau (inondation, submersion marine, remontée de nappe), et 14 194 pour la sécheresse, selon la base GASPAR de Géorisques (données du 23 août 2026, recalculées le 11 septembre 2026).
  • Une reconnaissance n’est presque jamais unique : 86,7 % des communes reconnues côté eau et 65,1 % de celles reconnues pour la sécheresse l’ont été au moins deux fois depuis 1982.
  • Nice et Antibes se partagent le record côté eau, avec 29 reconnaissances chacune ; Montauban détient le record sécheresse, avec 19 ; Marseille cumule les deux et totalise 37 reconnaissances, le plus haut total du pays.
  • Le rythme a changé de nature : le taux annuel de reconnaissances côté eau a été divisé par plus de trois entre 1992-2001 et 2012-2021, pendant que celui de la sécheresse a plus que triplé sur la même période.
  • L’historique complet d’une commune, phénomène par phénomène et année par année, se consulte sur la carte d’À sec, à flot.
Village aux toits de tuiles au bord d’une rivière calme, un champ à la terre sèche et compacte au premier plan
Un même relevé de communes traverse les deux registres de la catastrophe naturelle : celui des arrêtés inondation et celui des arrêtés sécheresse.

Un arrêté de catastrophe naturelle n’est presque jamais un accident isolé pour une commune : il s’inscrit, la plupart du temps, dans une série. Nous avons recompté, commune par commune, le nombre de fois où chacune des 34 589 communes du fichier a été reconnue depuis 1982, côté eau et côté sécheresse.

Sur la base GASPAR de Géorisques, dans sa version téléchargée le 23 août 2026 et recalculée le 11 septembre 2026, 34 476 communes comptent au moins une reconnaissance liée à l’eau et 14 194 au moins une liée à la sécheresse. La question utile est celle du nombre de fois.

Une reconnaissance est-elle un événement isolé ?

Rarement. Parmi les 34 476 communes qui portent au moins un arrêté lié à l’eau depuis 1982, 29 880 (86,7 %) en comptent au moins deux. Le même schéma se retrouve côté sécheresse : sur 14 194 communes reconnues au moins une fois, 9 245 (65,1 %) le sont au moins deux fois.

CÔTÉ EAU — 34 476 COMMUNES RECONNUES AU MOINS UNE FOIS 13,3 % 54,9 % 31,7 % CÔTÉ SÉCHERESSE — 14 194 COMMUNES RECONNUES AU MOINS UNE FOIS 34,9 % 45,6 % 19,6 % 1 fois 2 à 4 fois 5 fois ou plus (échelle eau) Source : base GASPAR des arrêtés de catastrophe naturelle, version du 23 août 2026, période 1982-2025. Calcul À sec, à flot.

La commune reconnue une seule fois est minoritaire dans les deux cas : treize communes sur cent côté eau, un peu plus d’une sur trois côté sécheresse. À l’autre bout de l’échelle, 10 940 communes (31,7 %) comptent cinq reconnaissances ou plus côté eau, et 2 775 (19,6 %) côté sécheresse. La médiane, parmi les communes déjà reconnues, est de 3 reconnaissances côté eau et de 2 côté sécheresse.

Pourquoi la sécheresse et l’inondation ne se répètent-elles pas pareil ?

La loi de 1982 pose deux logiques différentes dans le même article. L’article L125-1 du code des assurances, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2024, dispose :

« Sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles, au sens du présent chapitre, les dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel ou également, pour les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, la succession anormale d’événements de sécheresse d’ampleur significative, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises. » Article L125-1 du code des assurances, version en vigueur au 1er janvier 2024.

Pour une crue ou une submersion, l’anormalité tient à l’intensité d’un épisode : une nuit, un orage, une décrue. Pour la sécheresse, elle tient à la répétition elle-même — une « succession anormale ». La loi inscrit donc la répétition dans la définition légale d’un seul des deux phénomènes.

Une autre raison, géologique celle-là, explique aussi ce résultat. Le retrait-gonflement suppose des sols argileux, qui sont aussi des sols de plaine et de vallée — les mêmes terrains où l’eau s’accumule au lieu de s’infiltrer. Ce lien a été mesuré dans notre précédent calcul : 99,2 % des communes reconnues pour la sécheresse le sont aussi pour l’inondation.

Quelles communes ont été reconnues le plus grand nombre de fois ?

Nice et Antibes, dans les Alpes-Maritimes, se partagent le record côté eau : 29 reconnaissances chacune depuis 1982, réparties pour les deux entre 20 années d’inondation ou de coulée de boue et 9 années de submersion marine. Montauban détient le record sécheresse, avec 19 reconnaissances. Marseille cumule les deux compteurs et devient la commune la plus souvent reconnue de France, toutes causes confondues.

LES COMMUNES LES PLUS SOUVENT RECONNUES, TOUTES CAUSES CONFONDUES (1982-2025)
CommuneEauSécheresseTotal
Marseille (Bouches-du-Rhône)231437
Bordeaux (Gironde)211435
Antibes (Alpes-Maritimes)29635
Nice (Alpes-Maritimes)29534
Cannes (Alpes-Maritimes)28634

Un arrêté reste un signal administratif : une grande ville cumule les arrêtés en partie parce qu’elle compte davantage de sinistres à déclarer. La taille de la commune pèse dans ce classement autant que son exposition réelle.

Comment le rythme a-t-il changé en 44 ans ?

Sur les quatre décennies complètes du fichier, le rythme annuel moyen de communes reconnues évolue en sens opposés selon le phénomène.

COMMUNES RECONNUES PAR AN, EN MOYENNE PAR DÉCENNIE
DécennieCôté eauCôté sécheresse
1982-19913 551551
1992-20015 298406
2002-20111 6761 019
2012-20211 6261 383

Le pic de 1992-2001 tient pour l’essentiel aux tempêtes et aux crues de la fin 1999, qui ont fait basculer une seule année (27 816 communes) dans la décennie. Une fois ce pic passé, le rythme côté eau se stabilise, depuis vingt ans, autour de 1 600 à 1 700 communes par an — un tiers du niveau des années 1990. Côté sécheresse, la progression est continue depuis 2002 : le rythme annuel a plus que triplé entre 1992-2001 et 2012-2021.

La période 2022-2025 n’est pas encore stabilisée. En seulement quatre ans, le nombre de communes reconnues pour la sécheresse (7 951, porté par la seule année 2022 avec 6 894 communes) dépasse déjà le total de la décennie 1982-1991. Mais les arrêtés d’une sécheresse se déposent jusqu’à vingt-quatre mois après son début, comme le détaille notre article sur les recours : dans le fichier du 23 août 2026, aucune commune n’apparaît encore reconnue pour 2024 ou 2025. Cette période ne se compare donc pas aux décennies closes.

Comment lire l’historique de sa propre commune ?

Un chiffre national ne dit rien d’une adresse précise. Ce que ces données changent, c’est la question à poser sur sa propre commune : combien de fois, pour quel phénomène, et la dernière fois quand.

  1. Consulter l’historique complet sur la carte d’À sec, à flot, qui affiche chaque année de reconnaissance, côté eau et côté sécheresse.
  2. Croiser cet historique avec le bâti sur Mon logement : une commune reconnue plusieurs fois ne dit rien du risque propre à une parcelle précise.
  3. Regarder les deux colonnes, même quand un seul phénomène a touché sa maison : une commune reconnue pour la sécheresse a de bonnes chances d’avoir aussi un historique inondation, et inversement.

Quand l’examen conclut à une exposition réelle à l’eau qui entre, des protections existent, permanentes, périmétriques ou amovibles selon la configuration du bâtiment et la hauteur d’eau attendue. SEDIPEC, éditeur d’À sec, à flot, en distribue plusieurs familles ; les préconisations reposent sur l’aléa, le terrain et le bâti, jamais sur un fabricant choisi à l’avance. Notre modèle, en clair.

Comment ces chiffres ont-ils été calculés ?

  1. Source : la base GASPAR des arrêtés de catastrophe naturelle, publiée en données ouvertes par le ministère chargé de l’écologie sur Géorisques. Version téléchargée le 23 août 2026.
  2. Unité de compte : une « reconnaissance » est un couple commune-année-phénomène. Une commune reconnue deux fois la même année pour deux phénomènes différents (par exemple inondation et submersion marine) compte pour deux reconnaissances « côté eau », pas pour une seule.
  3. Champ « côté eau » : inondation et coulée de boue, submersion marine, remontée de nappe. Champ « sécheresse » : mouvements de terrain différentiels liés au retrait-gonflement des argiles.
  4. Dénominateur : les 34 589 communes existant aujourd’hui qui portent au moins un arrêté de ce type, déjà utilisées comme périmètre de référence dans notre précédent calcul sur les mêmes données.
  5. Limite à connaître : les décomptes par année reposent sur l’année de l’événement, pas sur la date de publication de l’arrêté. Les événements les plus récents (2024, 2025) sont encore en cours d’instruction et sous-représentés dans le fichier du 23 août 2026 ; ils ne doivent pas être comparés aux décennies closes.

Questions fréquentes

Une commune reconnue en catastrophe naturelle ne l’est-elle qu’une seule fois ?

Rarement. Depuis 1982, 86,7 % des communes reconnues pour un événement lié à l’eau et 65,1 % de celles reconnues pour la sécheresse l’ont été au moins deux fois, selon la base GASPAR de Géorisques recalculée le 11 septembre 2026. Une reconnaissance unique reste minoritaire dans les deux cas.

Quelle commune française a été reconnue le plus grand nombre de fois ?

Marseille, avec 37 reconnaissances depuis 1982 : 23 pour des événements liés à l’eau et 14 pour la sécheresse. Nice et Antibes détiennent le record côté eau seul, avec 29 chacune ; Montauban détient le record sécheresse, avec 19.

Pourquoi la sécheresse se reconnaît-elle différemment de l’inondation ?

L’article L125-1 du code des assurances distingue deux logiques : l’intensité anormale d’un épisode pour l’inondation, la succession anormale d’événements de sécheresse pour le retrait-gonflement des argiles. La répétition fait partie de la définition légale de la sécheresse, à la différence de celle de l’inondation.

Le rythme des reconnaissances sécheresse augmente-t-il ?

Sur les quatre décennies complètes depuis 1982, oui : le nombre annuel moyen de communes reconnues pour la sécheresse est passé de 551 (1982-1991) à 1 383 (2012-2021). Le rythme côté eau a nettement diminué sur la même période. Les années 2022 à 2025 ne sont pas encore comparables : les arrêtés récents ne sont pas tous publiés.

Où consulter l’historique de reconnaissances de sa propre commune ?

Sur la carte d’À sec, à flot, qui restitue les données de la base GASPAR commune par commune, année par année et phénomène par phénomène, depuis 1982. Le diagnostic Mon logement croise cet historique avec le terrain et le bâti de l’adresse recherchée.

SOURCES — VÉRIFIÉES LE 11 SEPTEMBRE 2026

Géorisques — base GASPAR des arrêtés de catastrophe naturelle (dump du 23 août 2026, période 1982-2025) · Légifrance — article L125-1 du code des assurances (version en vigueur au 1er janvier 2024) · calcul et restitution : la carte d’À sec, à flot et Mon logement · voir aussi 14 081 communes ont connu la sécheresse et l’inondation et CatNat sécheresse refusée : quels recours, dans quels délais.

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