Argile : comment savoir si ma maison est posée dessus ?
- La carte Géorisques indique gratuitement, à l’adresse exacte d’un bien, un niveau d’exposition au retrait-gonflement des argiles : faible, moyen ou fort.
- Depuis l’arrêté du 9 janvier 2026, les zones d’exposition moyenne et forte couvrent 55 % du territoire hexagonal à compter du 1er juillet 2026, contre 48 % avant cette mise à jour.
- Un sol argileux se rétracte en période sèche et gonfle en période humide ; c’est ce mouvement qui fissure les fondations, selon le ministère chargé de l’écologie.
- En zone moyenne ou forte, la vente d’un terrain nu constructible impose une étude géotechnique G1 (article L132-5 du Code de la construction et de l’habitation) ; une maison déjà construite n’a aucune obligation équivalente.
- Avant tout permis de construire en zone argileuse, le service Eau et Risques de la DDT ou DDTM se contacte avant le dépôt du dossier, pas après.
Les trois niveaux d’exposition au retrait-gonflement des argiles affichés par la carte Géorisques, et l’action qui correspond à chacun.
Une carte publique répond déjà à une bonne part de la question, avant même de regarder un seul mur. Reste à savoir comment la lire, ce qu’elle change concrètement selon le niveau affiché, et ce qu’elle ne remplace pas sur une maison déjà construite.
Comment consulter la carte Géorisques pour mon adresse ?
Le site Géorisques, opéré par le ministère chargé de l’écologie avec les données du BRGM, permet de vérifier gratuitement l’exposition de n’importe quelle adresse française au retrait-gonflement des argiles. La démarche prend moins d’une minute : numéro, rue, commune, puis lecture du niveau affiché.
Le résultat classe votre adresse dans l’un des trois niveaux : faible, moyen ou fort. Notre page Mon logement affiche ce même niveau à partir de votre adresse, avec l’historique des arrêtés de catastrophe naturelle déjà reconnus pour votre commune.
Que signifient les niveaux faible, moyen et fort ?
Le BRGM cartographie ce risque depuis 1997 pour l’ensemble du territoire métropolitain, en croisant la nature géologique des sols et le nombre d’arrêtés de catastrophe naturelle déjà pris pour la sécheresse. Le zonage qui en résulte tient en trois catégories, sans nuance intermédiaire.
Ce mouvement, répété au fil des sécheresses, finit par déplacer les fondations d’une maison de façon inégale et provoque des fissures. Plus le niveau est élevé, plus ce mécanisme s’est déjà manifesté dans le secteur ; un niveau faible ne l’exclut pas totalement, il le rend seulement moins probable.
Qu’est-ce qui a changé avec la mise à jour du 9 janvier 2026 ?
Un arrêté du 9 janvier 2026 a redessiné cette carte pour tenir compte du changement climatique et de la sinistralité récente. Les zones classées en exposition moyenne ou forte passent de 48 % à 55 % du territoire hexagonal, un basculement qui prend effet le 1er juillet 2026.
Des adresses jusque-là classées en zone faible peuvent donc changer de catégorie sans qu’aucun changement n’ait eu lieu sur le terrain lui-même. Notre article sur les études de sol détaille ce que cette bascule change concrètement pour une vente ou une construction : Étude de sol G1, G2, G5 : laquelle demander et quand.
Comment vérifier sur une maison déjà construite ?
Aucune obligation ne s’applique à un bien déjà bâti, quel que soit le niveau affiché par Géorisques. La carte reste néanmoins utile pour interpréter ce que vous observez sur les murs.
Une fissure oblique en escalier, une porte ou une fenêtre qui se met soudain à coincer, un décollement entre une extension et le bâti d’origine : ce sont des signes qu’un professionnel doit examiner, en particulier en zone moyenne ou forte. Notre article détaille les formes qui doivent alerter : Fissures : lesquelles surveiller, lesquelles alerter.
Si les fissures s’aggravent, un diagnostic G5 identifie la cause exacte du mouvement et dimensionne, si nécessaire, un confortement des fondations. Pour cette expertise et l’étude de sol qui l’accompagne, notre page partenaires oriente vers Koudepouce, spécialiste des fissures liées à la sécheresse.
Que faire avant de construire ou d’agrandir en zone argileuse ?
- Vérifier le niveau d’exposition de la parcelle exacte sur Géorisques, avant toute promesse d’achat.
- En zone moyenne ou forte, exiger l’étude géotechnique G1 du vendeur pour un terrain nu constructible, ou vérifier qu’elle est déjà annexée au titre de propriété : l’article L132-5 du Code de la construction et de l’habitation en fait l’obligation du vendeur.
- Avant de déposer un permis de construire ou une déclaration préalable, contacter le service en charge de l’eau et des risques de la DDT ou de la DDTM du département.
- Demander une étude G2, adaptée au projet, avant de signer un contrat de construction : l’article L132-6 impose sa transmission aux constructeurs.
- Vérifier aussi le plan local d’urbanisme de la commune, qui peut ajouter des prescriptions constructives locales à la carte nationale.
Dans le Pas-de-Calais, le service Eau et Risques de la DDTM précise ce qu’il attend d’un porteur de projet : « il est vivement conseillé de vérifier la présence d’argile afin de déterminer les mesures constructives à adopter », avant même de dessiner le projet.
Pour connaître l’exposition de votre propre adresse ainsi que l’historique des arrêtés déjà reconnus dans votre commune, consultez la carte ou votre page Mon logement.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma maison est posée sur un sol argileux ?
Consultez la carte Géorisques avec l’adresse exacte du bien : elle indique un niveau d’exposition au retrait-gonflement des argiles, faible, moyen ou fort, calculé par le BRGM à partir de la géologie et des arrêtés de catastrophe naturelle déjà reconnus pour la commune. La consultation est gratuite et immédiate.
Que signifient les niveaux faible, moyen et fort sur la carte Géorisques ?
Ils classent la probabilité qu’un sol argileux se rétracte en période sèche puis gonfle en période humide, un phénomène qui fissure les fondations. Le niveau fort concentre le plus de sinistres reconnus ; le niveau faible n’exclut pas totalement le risque, il le rend seulement moins probable.
La carte Géorisques suffit-elle pour construire ou dois-je faire une étude de sol ?
Non. En zone d’exposition moyenne ou forte, la vente d’un terrain nu constructible impose une étude géotechnique G1, et tout contrat de construction une étude G2, selon les articles L132-5 et L132-6 du Code de la construction et de l’habitation. La carte oriente, l’étude dimensionne.
Dois-je faire quelque chose si ma maison est déjà construite en zone argileuse ?
Aucune obligation légale ne s’impose à une maison déjà bâtie. Mieux vaut surveiller l’apparition de fissures obliques ou de portes qui coincent, signes d’un mouvement de sol, et consulter un professionnel si elles s’aggravent : la carte donne une probabilité communale, pas un diagnostic de votre parcelle.
Qui contacter avant de déposer un permis de construire en zone argileuse ?
Le service en charge de l’eau et des risques de votre DDT ou DDTM, avant tout dépôt de permis de construire ou de déclaration préalable. Dans le Pas-de-Calais, ce service recommande de vérifier la présence d’argile pour déterminer les mesures constructives à adopter, avant même de dessiner le projet.
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